La gazette #BlueHats est une lettre d'information bimestrielle sur le logiciel libre dans, par et pour l'administration publique. Cette gazette est la contribution de la DINUM au mouvement des #BlueHats, les hackers d'intérêt général.

Vous pouvez vous y inscrire depuis ce lien, lire les gazettes précédentes et proposer des contenus pour les prochaines éditions.

Pour accéder à la version en ligne, cliquez ici. Bonne lecture !


Ce mois-ci, la gazette BlueHats met l'accent sur les communs numériques, avec un texte proposé par Wikimédia France et une nouvelle rubrique « Le coin des communs ». Le focus technique porte sur le projet Open Terms Archive, que nous vous invitons à découvrir. Nous signalons quelques évolutions du Socle Interministériel de Logiciels libres (SILL) et de code.etalab.gouv.fr. Nous vous proposons enfin notre revue de presse qui revient sur la circulaire sur la politique publique de la donnée et la sortie du catalogue GouvTech.

Bonne lecture !

Le mot de l'invitée : qu'est-ce qu'un commun numérique ?

Un texte de Naphsica Papanicolaou, Wikimédia France.

Depuis quelques temps, le terme de « communs numériques » prend de plus en plus d’importance dans le débat public. Henri Verdier, Ambassadeur pour le numérique, voit par exemple les communs numériques comme les prémices d’une alternative aux grandes plateformes numériques, devenues trop imposantes dans notre vie quotidienne (voir cet article). Ils sont mis en avant aujourd’hui par une diversité d'acteurs pour tenter de répondre au problème d’un internet toujours plus monopolistique et privatisé.

Mais de quoi parle-t-on exactement ? Les communs sont des ressources partagées, gérées et maintenues collectivement par une communauté qui se donne des règles de gouvernance. Ils peuvent être naturels (une forêt), matériels (une maison) ou immatériels (une informations). Les « communs numériques » désignent les ressources numériques gérées comme des communs. Toutes ces ressources sont « non-rivales » : les partager avec A ne prive jamais B d’y accéder. Toutes, en revanches, ne sont pas libres, au sens qu’on donne usuellement à ce terme dans l’univers numérique : les « communs numériques libres » sont ceux partagés sous licence libre, comme les contenus des projets Wikimédia, les contenus des bases de données d’OpenStreetMap ou d’OpenFoodFacts.

Quand on parle de communs, la question de la gouvernance est aussi importante que celle de la ressource. Elinor Ostrom, politologue et économiste américaine, première femme a avoir reçu le prix Nobel d'économie avec Olivier Williamson « pour son analyse de la gouvernance économique, et en particulier, des biens communs », a souligné que la préservation effective des communs par les communautés qui en ont la charge est liée à la mise en place de modes de gouvernance ouverte répondant à plusieurs critères.

Bien que largement utilisés et reconnus par une grande partie de l'écosytème numérique, les communs numériques sont, comme tous les communs, fragiles. Ils continuent de se développer car il y a plus de gens bien intentionnés que de personnes malveillantes. Mais cet équilibre peut se rompre. Comme l’eau, la nature ou l’air, Wikipédia est un commun fragile qui peut disparaître et dont il faut prendre soin collectivement.

Pour préserver et valoriser les communs numériques libres, Wikimédia France estime que chaque contributeur est important : c’est grâce à chacun d’entre eux que sera portée la vision qui accompagne ces projets et notamment leurs modèles de développement collaboratif. C’est le pari fou de Wikipédia : faire confiance aux gens en dotant les internautes d'un crayon afin qu'ils rédigent et qu'ils participent à la plus grande encyclopédie au monde. Pour protéger ces belles ressources issues de l’intelligence collective, sachez que l'on compte sur vous autant que vous comptez sur Wikipédia.

Le coin des communs

En juin, Wikimédia France et Etalab ont co-organisé un séminaire à destination des agents culturels intitulé « Wiki, data et GLAM 2021 ».

Retrouvez le programme et les supports de présentation avec notamment la présentation par Etalab de la licence Ouverte 2.0, qui rappelle que les contenus publiés sous cette licence peuvent être librement importés dans www.wikidata.org.

Le Labo Société Numérique revient sur le développement de communs numériques avec des retours d’expérience sur trois projets suivis durant NEC 2020 et publie un point sur les communs numériques en collectivité, en se penchant sur la stratégie de la DSI de la Ville de Paris.

En complément, vous pourrez lire une interview de Pierre-Louis Rolle, directeur du programme SoNum, qui revient sur l'importance des communs numériques.

L'Institut Géographique National a lancé une concertation publique de l'IGN sur les géo-communs. La banque des territoires s'en est fait l'écho, ainsi qu'acteurspublics.fr.

Focus : Open Terms Archive

Une présentation de Clément Biron, développeur dans l'équipe de l'Ambassadeur pour le numérique. Clément a présenté le projet OTA lors d'un atelier BlueHats que vous pouvez revoir ici.

Quel contrat ai-je accepté en utilisant un service numérique ? Les conditions ont-elles changé depuis que j’utilise ces services ? Dans quel sens évoluent-elles ? Sont-elles conformes aux discours de ces acteurs et aux lois qui encadrent leurs pratiques ?

L'équipe de l'Ambassadeur pour le numérique a développé un outil simple permet désormais de répondre à ces questions : Open Terms Archive.

C'est un logiciel libre et collaboratif qui permet de suivre les évolutions des conditions générales des principaux fournisseurs de services en ligne en :

  • enregistrant en temps réel chaque publication d'une nouvelle version des documents ;

  • affichant spécifiquement les changements appliqués aux documents ;

  • disposant d’un corpus documentaire de leur historique.

Open Terms Archive a vocation à s’enrichir et à devenir un Commun sur lequel il sera possible de bâtir de nombreux usages : outils pour la recherche en droit comparé, alertes ciblées, analyses linguistiques. Les contributeurs sont les bienvenus, pour soumettre de nouveaux services ou documents, améliorer le logiciel pour permettre une suivre un plus grand nombre de langues et de juridiction ou suggérer des modalités de valorisation des études de cas qui pourraient être menées.

A titre de premier usage, nous avons ainsi développé Scripta Manent, un premier outil très simple qui, pour 367 contrats, permet de mesurer toutes les évolutions, ajouts ou suppressions, entre deux dates de votre choix.

Développer des outils ouverts et collaboratifs, au service de la transparence, s’inscrit dans deux des lignes de force de la diplomatie numérique française :

  • Incarner une souveraineté numérique européenne c’est-à-dire une réelle autonomie stratégique fondée sur une capacité d’action et de choix : il s’agit, à travers cet outil, de donner du pouvoir aux citoyens, entreprises et régulateurs pour décider librement de leurs pratiques et de leurs rapports vis-à-vis des acteurs numériques ;

  • Construire un cadre de régulation du numérique fondé sur le dialogue multilatéral et multiacteurs : la création de biens communs à travers la formation d’alliances rassemblant tous les acteurs du numérique – Etats, société civile, acteurs privés – permet un dialogue continu et constructif autour des valeurs que nous souhaitons porter, et imposer, dans le monde numérique.

N’hésitez pas à nous contacter afin de :

  • soumettre des services ou documents que vous souhaiteriez suivre. Pour rappel, vous pouvez également ajouter des documents en toute autonomie ;

  • suggérer des modalités de valorisation des études de cas qui pourraient être menées ;

  • poser toute question quant à l’utilisation de l’outil.

N’hésitez pas non plus à vous approprier cette ressource pour vos propres projets, privés ou publics, y compris entrepreneuriaux.

Le SILL et code.etalab.gouv.fr évoluent

Sur le SILL, deux nouveaux filtres sont apparus, l'un pour trouver les solutions développées dans le cadre d'une mission de service public et l'autre pour trouver les solutions faisant partie du marché de support logiciels libres. Un lien permet désormais de trouver une solution dans le nouveau catalogue GouvTech, si elle y figure et vous pouvez désormais télécharger le SILL en PDF.

Sur code.etalab.gouv.fr, vous pouvez réduire la liste des dépôts à ceux qui sont hébergés dans une forge particulière et télécharger un fichier csv ne contenant que les dépôts de la vue filtrée que vous avez définie.

Offres d'emploi

Pour renforcer ses équipes dédiées au logiciel libre, Etalab (DINUM) recrute un ou une chargé(e) ou de valorisation logiciels libres.

Tchap a rejoint beta.gouv.fr et recrute un ou une chargé(e) de déploiement ainsi qu'un(e) sysadmin.

Le Museum National d'Histoire Naturel recrute un développeur GeoNature (PostgreSQL-Python-Angular).

Événements

Les 8 et 9 juin derniers se sont tenues les matinées de découverte d'utilitR, une communauté qui se forme autour du langage R et des outils qui gravitent autour.

Le 25 juin prochain aura lieu la 2ème partie de l'atelier BlueHats sur les motivations pour contribuer à des projets open source, présenté par Nicolas Jullien. Vous pouvez revoir la session précédente ici.

Les 9 et 10 novembre prochain aura lieu le salon Open Source Expérience, un moment de rencontre important pour tout le secteur du logiciel libre.

Revue de presse